Covid-19 et Violences Domestiques

Par Lizette Aboué
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Dans le commun des mortels, nous pensons que les violences domestiques ne sont plus un sujet tabou parce que nous nous disons que nous avons tellement entendu des témoignages de ceux qui la subissent et nous avons également visualisé assez de média qui en montrons des preuves. Est-ce à dire que ces violences cruelles ne constituent plus un sujet tabou pour nous ? Les photos, vidéos et voix transmettent-elles fidèlement l’expression des sentiments enfouies dans le cœur de la victime ? Et en ce temps de crise sanitaire provoquée par la pandémie du coronavirus les violences ne sont elles pas encore plus accrues ? Le confinement n’oblige-t-il pas les victimes au renfermement strict ?

Avoir été forcé à consommer des matières fécales, avoir reçu des coups de clou sur tête ou des gifles, avoir été poussé, avoir été frappée à coups de poings ou avec une ceinture ou un marteau, avoir été blessée avec un couteau ou un tesson de verre, avoir été bâillonnée pour empêcher les cris au cours d’une agression physique, avoir reçu des crachats ou se faire uriner dessus, avoir été mordue sévèrement , avoir été tirée par les cheveux, avoie été frappée ou violée en étant enceinte, avoir été jetée au bas des escaliers en étant enceinte sont des manifestations de violences très connus de tous. Mais en dehors de ces dernières, figurent les menaces, qu’elles soient graves ou pas, les contraintes, le harcèlement, les injures, les insultes qui prises isolement ne constituent pas des violences immédiates mais dont l’accumulation et la répétition en font des graves formes de violences. Ce sont ces formes qui constituent le véritable tabou sur les violences domestiques.
Ce fléau qui gangrène nos maisons n’est pas sans conséquences non seulement sur ceux qui la subissent mais aussi sur ceux qui la font subit. Pour ceux qui la subissent, le bilan est fâcheux et dramatique. Il les affecte profondément. La peur, la perte de l’estime de soi, la difficulté de s’affirmer, l’anxiété, la dépression, les idées suicidaires, les cauchemars, le traumatisme, la stigmatisation, l’isolement, le surmenage, le manque d’appétit, les maux de tête, l’hypertension et même la folie sont les symptômes qu’ils présentent fréquemment. Les pratiquants ont souvent des sanctions plus sévères. Ils n’ont pas d’abord la conscience tranquille et encourent de grandes peines de justices.
Au Bénin, pour lutter contre les violences domestiques, les stratégies de sensibilisation, de prévention et de détection ont été adoptées. Il s’agit essentiellement : de la promotion des droits des femmes et enfants, qui consiste à informer les populations des droits fondamentaux de la femme et des enfants, l’éducation pour la prévention des conflits, qui aident les hommes et les femmes à avoir la patience dans les moments de colère. De nombreux projets ont été réalisés pour la prise en charge des victimes.
Pour la rééducation des victimes et témoins des violences domestiques, plusieurs centres d’aide ont été créés. Parmi ces derniers, on distingue le centre d’aide Houefa. Ce centre a pour vocation d’apporter un soutien psychologique aux victimes. Ce centre est un havre de paix ou les victimes sont écoutés attentivement, entretenus et protégés. Ils sont essentiellement conseillés pour retrouver l’estime de soi, la confiance et le courage de tenir la tête haute. Une assistance sociale est offerte à toutes les victimes.
En période de covid-19, qui impose le confinement, le taux des cas de violences domestiques a vraiment a augmenté. Plusieurs phénomènes non catholiques se sont également développés au sein de la famille. Le phénomène le plus alarmant est celui de l’inceste. Cette pratique est favorisée par la présence de tous les membres de la famille à la maison et le fait que les hommes ne pouvant plus voir leurs conquêtes extérieures jettent leurs dévolus sur leurs filles ou le fait que les frères et sœurs se voient obligées d’entretenir des relations intimes à défaut de sortir.

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