Doit-on sacrifier sa carrière parce qu’on a décidé d’être mère ?

Hépatites: ce qu’il faut savoir
19 juillet 2019
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Bonjour,
Je suis tombée par hasard sur l’article traitant de l’allaitement maternel exclusif sur le blog de Arayaa. Très intéressant comme article et j’espère vraiment que cela va sensibiliser celles qui refusent volontairement d’allaiter leurs bébés. Mais le problème est qu’elles sont peu nombreuses et que la grande majorité des femmes
SURTOUT en Afrique veut bien allaiter leurs bébés uniquement au sein (ça ne coûte rien déjà) et même au-delà des 6 mois, mais leur réalité ne le permet pas malheureusement.

La grande majorité des femmes veut bien allaiter leurs bébés uniquement au sein (ça ne coûte rien déjà) et même au-delà des 6 mois, mais leur réalité ne le permet pas malheureusement Cliquez pour tweeter

Je m’explique : on parle de 6 mois d’allaitement maternel exclusif au sein pendant que les congés de maternité ne font que 14 semaines soit 6 semaines avant et seulement 8 semaines après l’accouchement, et encore toutes les femmes n’ont pas droit à cela. Dans beaucoup de pays occidentaux les congés de maternité font 9 mois ou plus.
Comment puis-je allaiter exclusivement mon bébé au sein jusqu’à 6 mois si je dois reprendre le boulot après 8 semaines soit moins de 2 mois ?

On parle de 6 mois d'allaitement maternel exclusif au sein pendant que les congés de maternité ne font que 14 semaines soit 6 semaines avant et seulement 8 semaines après l'accouchement Cliquez pour tweeter

On suppose un instant que j’arrive à négocier la possibilité d’amener mon enfant au boulot. Comment pourrais-je me concentrer pour travailler efficacement si je dois incessamment interrompre pour allaiter mon bébé ?
Et ceci n’est d’ailleurs possible que pour les métiers ou le cadre et les tâches le permettent, sans parler de tous ces employeurs réticents à cette pratique et des risques auxquels j’expose mon bébé (infections nosocomiales si milieu hospitalier, troubles auditifs si milieu trop bruyant…). Et qui s’occupe de mon enfant entre deux tétées ? On me dira, qui s’en occupe à la maison ?

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D’accord, mais j’ai peut-être opté pour la crèche ou en tout cas si je dois amener la nounou au boulot avec le bébé, ça fait deux personnes au boulot avec moi, ce qui peut sembler carrément impossible dans la plupart des jobs. Et si c’est ma mère ou ma belle-mère qui s’en occupe, je l’amène au boulot aussi ?

Si je dois emmener la nounou au boulot avec le bébé, ça fait 2 personnes au boulot avec moi:carrément impossible. Et si c’est ma (belle) mère qui s’en occupe, je l’emmène au boulot aussi ? Cliquez pour tweeter

Oui, on me dira de tirer le lait. Ok, je veux bien. Je le fais déjà d’ailleurs. Je tire le maximum avant de partir le matin, mais ça ne suffit pas avant mon retour. D’aucun me diront, restes à la maison jusqu’à 6 mois pour allaiter correctement avant de reprendre le boulot. Dans beaucoup de cas, tu peux être sûre de ne plus retrouver cet emploi-là.

On me dira de tirer le lait. Ok. Je le fais déjà d’ailleurs. Je tire le maximum avant de partir le matin, mais ça ne suffit pas avant mon retour. Cliquez pour tweeter

Doit-on sacrifier sa carrière ou son gagne-pain parce qu’on a décidé d’être mère ?
Est-ce vraiment possible d’arriver à faire cet allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois si on est une femme qui travaille en dehors de la maison et pas à son propre compte ?
Je ne viens pas du tout contester le fait que ce soit bénéfique de le faire. Je viens juste poser la question de la faisabilité. Et attirer l’attention sur le fait que la plupart des femmes à quelques exceptions près font leur maximum pour donner le meilleur à leurs enfants tout en cherchant à préserver un équilibre autour d’elle. Parfois ou même souvent, ce boulot qu’il lui faut absolument préserver est celui qui permet de tenir les dépenses de base du foyer. Et si on pense aux mères célibataires, on peut facilement comprendre qu’elles n’ont pas forcément un époux présent qui peut assurer les charges et donc que des sources de revenus s’imposent.

Entre théorie et réalité, quel choix faire ?
Moi je souhaiterais que ce genre d’article vienne sonner l’alerte pour un pas vers la facilitation pour la mise en place de ces règles comme l’allongement de la durée des congés de maternité par exemple… D’autres solutions (que vous pouvez proposer en commentaire à cet article) pourraient être aussi proposées pour aider les femmes à donner le meilleur à leurs enfants. Car pour celles qui le savent bien et veulent bien le faire, mais que les réalités du terrain empêchent d’y arriver, revenir leur rappeler cette règle avec insistance peut être perçu quelque part comme si elles n’ont pas été à la hauteur. Pour les autres qui ne le savaient pas ou qui négligeaient la chose, cela vient à point nommé.
Je tiens donc à rappeler  que l’allaitement maternel est très important et surtout très bénéfique à plusieurs titres (relationnel, santé, financier…). S’il est pratiqué de façon exclusive jusqu’à 6 mois, c’est un idéal, mais si le quotidien ne le permet pas, essayez chères sœurs de le faire aussi souvent et aussi longtemps que vous le pouvez. Ne dit-on pas que “La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a?”

Yollande Sènan DJIVOH SONOUNAMETO, Mère ayant essayé en vain d’allaiter ses enfants EXCLUSIVEMENT au sein JUSQU’A 6 MOIS.

Et toi, quelle est ta position sur le sujet? As tu eu les même difficultés? As tu pu trouver des astuces à proposer aux futures mères? Partage avec nous ton expérience. HOMME !!! Ton avis compte aussi. Comment accompagnes-tu ton épouse à allaiter au mieux votre bébé?

 

Le blog de Arayaa, tout ce que votre médecin n’a pas le temps de vous expliquer en consultation!


Yollande DJIVOH SONOUNAMETO
Yollande DJIVOH SONOUNAMETO
Yollande est kinésithérapeute spécialisée en Périnéologie et Coach Fitness. Elle participe à l’encadrement des étudiants en Kinésithérapie à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou et prend en charge les patients au Service de Rééducation du CNHU-HKM. Son ambition c’est de faire comprendre à tous l’utilité de la prévention en santé, notamment en ce qui concerne le périnée mais aussi le pouvoir de l’activité physique. PREVENIR VAUT MIEUX QUE GUERIR. Elle poursuit actuellement sa thèse de doctorat à l'Université Catholique de Louvain en Belgique.