Le protocole de traitement du Dr Lafia pour un ordre des médecins moderne

Par arayaa
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[:fr]Le moment que nous traversons est bien celui d’actions concrètes et courageuses. Pour de profonds changements, je propose de protéger le médecin béninois et la population en 11 étapes, de promouvoir la profession médicale en éduquant la population et d’accompagner le médecin dans son développement professionnel.

Je suis le docteur Kamel Séro LAFIA BORO, né le 30 janvier 1985, Médecin-cardiologue béninois et Ancien Interne des Hôpitaux de Strasbourg (France). J’exerce actuellement en libéral. Je crois au progrès face à tous les conservatismes. Je crois que le temps n’est pas aux petits ajustements mais à l’innovation radicale. Je crois en l’émancipation de tous. Je crois en notre capacité à agir ensemble. Et à donner au médecin béninois la place qui est la sienne. Le moment de passer à l’action est venu.

 

PROTEGER LE MEDECIN BENINOIS ET LA POPULATION

1. Lutter pour la fermeture des cabinets illégaux

C’est un impératif d’assainir notre secteur. L’un des premiers actes sera donc de fermer ces centres illégaux. C’est pourquoi nous devons nous doter d’un ordre fort pour faire de la lutte contre ces cabinets illégaux une priorité. Il y va de notre survie, et par ricochet de la vie de la population. Il faudra donc:

– mettre en place une commission « lutte contre les centres illégaux », véritable cellule de lutte et de veille afin de traquer tout centre illégal et lutter pour sa fermeture,
– mettre en place un Plan d’Eradication des Cabinets Illégaux (PECI),
– faire un plaidoyer auprès de l’état central, l’assemblée nationale et autres autorités politico-administratives (préfet, maires, chefs de quartiers) pour la fermeture de ces cabinets illicites.

2. Mettre en place des signes distinctifs permettant d’identifier chaque centre médical légal

Parallèlement, nous procéderons à la mise en place au niveau des cabinets légaux de signes distinctifs prouvant donc leur légalité : des plaques nominatives à l’entrée des centres médicaux qui feront, pour ces derniers, office de certification de l’ordre quant à leur légalité.

3. Consolider les relations entre les médecins pour une médecine plus forte et mieux organisée : états généraux de la médecine

Pour un ordre fort nous devons mettre fin aux clivages existant entre les médecins. D’ une part entre ceux du privé et du public, d’autre part entre les médecins généralistes et les spécialistes. Nous proposons l’organisation d’un congrès de concertation et de réflexion de tous les médecins béninois afin d’affiner les stratégies pour mieux relever les défis de la médecine d’ aujourd’hui et de demain.

4. Faire respecter la déontologie médicale et l’éthique

Nous proposons les mesures suivantes :
– mise en place d’un comité de veille aux bonnes pratiques (CVBP) qui veillera à la compétence et à la probité des médecins
– rendre plus actif le conseil disciplinaire des médecins

5. Attribuer une assurance maladie à tout médecin béninois – création d’une mutuelle de santé ou caisse de solidarité pour les médecins béninois

Protéger le médecin c’est aussi lui assurer une santé pérenne en lui octroyant une sécurité sociale.  Il n’est pas compréhensible que le
médecin qui est le garant de la santé de ses concitoyens n’ait aucune protection sociale. Il faudra

– faire un lobbying auprès des gouvernants afin que tout médecin béninois, membre de l’ordre, ait une assurance-maladie systématique,
– la création d’une mutuelle de santé dédiée exclusivement au médecin béninois

6. Toiletter nos textes afin de mettre le médecin au cœur de nos actions

Bien qu’il y ait eu des progrès notables dans le monde médical, il n‘est aucun doute que les problèmes
existent et se font de plus en plus grandissants. Les défis qu’il nous faut relever sont donc tout aussi grands
et il faudra nous adapter à l’évolution, nous donner les armes pour affronter ces changements et être
proactifs. Le monde bouge, et nous devons bouger à une vitesse supérieure. Nous proposons la mesure suivante :
– Mettre en place une commission de relecture des textes de l’ordre qui proposera essentiellement de nouveaux modes de fonctionnement, de nouvelles missions en vue de répondre efficacement aux défis de notre temps et de ceux de demain. Ceci passerait pour une modification de nos statuts, de nos missions et éventuellement un plaidoyer auprès de l’état central.

 

7. Agréer chaque médecin de l’ordre

Combien de cliniques sont en attente depuis des années de leur agrément auprès des maisons d’assurance ? Un vrai parcours du combattant! Nous proposons les mesures suivantes :
– mettre en place une commission « relations avec les maisons d’Assurance afin de redéfinir de nouvelles bases de collaboration avec les sociétés d’assurances en l’occurrence les conditions d’octroi des agréments aux cliniques par ces dernières,
– créer un comité regroupant des membres de l’ordre et l’association des maisons d’assurance afin d’accélérer les réponses aux différentes demandes d’agréments,
– agréer chaque médecin inscrit à l’ordre lui permettant ainsi de bénéficier mensuellement de ristournes sur chaque signature de fiches d’assurance.

 

8. Exiger aux centres de santé privés l’établissement d’un contrat de travail à tout médecin recruté

Nous proposons l’établissement par toute structure privée d’un contrat de travail systématique à tout médecin recruté avec un salaire minimal (qui sera l’objet d’une discussion collégiale), et ce, quelle que soit la politique de prix de ladite structure ; de même qu’un plancher de frais de garde et de
permanence. L’ordre veillera au respect scrupuleux de ces pratiques.

 

9. Défendre le médecin et la corporation médicale
A l’heure des réseaux sociaux, notre image est souvent écornée sur différents sujets. Nous proposons comme mesures :
– mettre en place d’une cellule de communication chargée de monter au créneau si nécessaire pour expliquer d’éventuels faits ou enjeux intéressant notre profession,
– soutenir les collègues en difficulté (affaires judiciaires, affaires personnelles),
– être un partenaire de l’état et des organisations syndicales en matière de défense de la profession et des principes déontologiques fondamentaux.

 

10.Œuvrer pour l’accélération de procédures d’attribution de l’autorisation
d’exercice en clientèle privée et celle d’ouverture et d’exploitation d’un
établissement privé
L’exercice de la médecine et l’ouverture d’un centre de santé dans notre pays sont soumis à des autorisations préalables délivrées par le ministère de la santé. Mais force est de constater que le délai d’obtention de ces parchemins est long, allant parfois à plusieurs années. L’ordre doit veiller à
endiguer ce parcours de combattant, qui n’a pas son sens quand on sait que le nombre de médecins et de centres de santé dont nous disposons est restreint. Nous proposons les mesures ci-après :
– militer pour notre inclusion dans le comité chargé de l’étude des demandes,
– faire un plaidoyer auprès du pouvoir central afin de permettre aux confrères, en attente de leurs autorisations, d’ouvrir leurs centres grâce aux plaques indicatives que l’ordre concevra.

 

11.S’engager dans l’évolution de l’exercice de la médecine et être une force de propositions et d’orientation

L’ordre devra mener une politique dont l’objet est de répondre aux enjeux et aux défis de la médecine d’aujourd’hui et de demain. Pour cela, nous
mettrons en place les commissions de travail suivantes: éthique et déontologie, cabinets illicites, formation et compétences médicales, communication, maisosn d’assurances, jeunes médecins.

 

PROMOUVOIR LA PROFESSION MÉDICALE

12.Informer et éduquer la population

Nous proposons les mesures suivantes :
– faire des campagnes de promotion de la profession médicale (spots publicitaires, affiches, communiqués de presse…etc.),
– organiser des journées portes-ouvertes, des émissions télévisées ou radiophoniques afin de promouvoir la santé, la médecine moderne,
– création du « mois du médecin béninois » avec activités promotionnelles, activités de prévention, consultations foraines, émissions radiophoniques et télévisées sur toute l’étendue du territoire,
– expliquer ce que c’est qu’un médecin et l’importance d’en consulter un en cas de besoin,
– informer et sensibiliser la population sur les avantages à aller consulter dans les centres de santé publics et privés autorisés via des communications des mass média et des séances régulières de sensibilisation,
– rendre plus attractif le site internet de l‘ordre, le vulgariser, le rendre plus dynamique, et l’utiliser comme canal d’information des sociétés scientifiques qui en exprimeraient le besoin.

 

13. Etre plus proche de la population

Nous proposons les mesures suivantes :
– encourager et soutenir les collègues initiateurs d’outils qui seraient une valeur-ajoutée pour notre pratique professionnelle,
– mettre en place et vulgariser une application mobile permettant aux populations de connaître la répartition géographique des différents médecins généralistes et spécialistes aussi bien du secteur privé que public afin de leur permettre de savoir quels médecins se trouvent à leur portée.

 

ACCOMPAGNER LE MÉDECIN

14.Former le médecin béninois

Nous proposons les mesures suivantes:
– mettre en place une politique de formation médicale continue, avec décentralisation autant que faire se peut des enseignements post-universitaires,
– former les médecins en matière de développement personnel, de leadership, en entrepreneuriat, de même que dans les domaines juridiques, en rédaction administrative ; en gestion de structure de santé, management des ressources humaines. Organiser des sessions de formations sur l’écriture de projets médicaux, les techniques de recherche de financement, de crowdfunding.

 

15.Etre plus proche du médecin et à son écoute tout au long de sa carrière
Un ordre fort rime aussi avec présence sur toute l’étendue du territoire afin de répondre efficacement aux besoins des médecins.
Nous proposons les mesures suivantes :
– être plus proche des médecins sur toute l’étendue du territoire en mettant en place d’abord des représentations départementales de l’ordre à Parakou et Savè, et à terme des conseils départementaux,
– organiser périodiquement des journées décentralisées de réflexion entre membres de l’ordre,
– organiser plus fréquemment des congrès de l’ONMB pour discuter des grandes questions d’actualité médicale, recueillir les préoccupations de chaque médecin et définir éventuellement de nouvelles orientations,
– éclairer les jeunes médecins généralistes afin de leur permettre d’exercer leur mission dans le respect de la vie et de la personne humaine (code de déontologie médicale).

 

16.Aider les jeunes médecins à s’installer, les guider et les assister en cas de besoin
Nous devons absolument mettre un terme au problème d’insertion des jeunes médecins sortis des facultés de médecine. Nous proposons les mesures suivantes:
– mise en place d’un système de compagnonnage afin de leur permettre de mieux aborder ce virage
– encourager le regroupement des médecins en coopérative ou autre groupe d’entreprise et les aider à lever des fonds pour leurs projets grâce aux structures de micro-finance,
– organiser des séances d’échanges entre les jeunes médecins et les plus anciens qui mettraient alors leurs expériences au service de leurs cadets pour leur éviter d’éventuelles difficultés,
– créer une commission « Jeunes Médecins » qui rassemblera les réflexions, constats, et propositions des diverses structures représentatives des étudiants en médecine, des internes et des jeunes diplômés. Cette commission assurera les échanges entre le Conseil de l’ordre et ces
structures.

 

17.Promouvoir l‘entraide entre médecins
Au service de tous les médecins, l’Ordre viendra au secours de ses membres. Il aidera les médecins
en grave difficulté ou leur famille, quelle que soit la source de ces difficultés : décès, maladie, accident,
problème financier, conflit conjugal, problème judiciaire…
Nous proposons les mesures ci-après:
– assister les collègues médecins aussi bien lors de bons moments que des mauvais,
– aider financièrement ou matériellement, à travers un fonds d’entraide, la famille des médecins qui décèdent (scolarité des orphelins jusqu’à un niveau donné, soutien au conjoint)
– offrir des souvenirs aux médecins allant à la retraite en guise de reconnaissance pour les services rendus à la population.
– accompagner régulièrement les médecins dans la prévention et la gestion des  conflits qui pourraient survenir entre patients et médecins ou entre médecins eux-mêmes.

 

PLAIDOYER A FAIRE AUPRES DE L’ETAT CENTRAL ET AUTRES
DECIDEURS POLITIQUES

Ainsi nous ferons à l’endroit de l’état des propositions suivantes :
– recrutement systématique des médecins généralistes et spécialistes avec leur distribution sur le territoire afin de réduire les déserts médicaux et rendre optimale la qualité des soins apportés à la population. Les médecins généralistes pourraient ainsi exercer pendant 1 an ou 2 ans dans les
zones reculées du pays dès l’obtention de leur diplôme avant de bénéficier d’éventuelles bourses.
– revalorisation du salaire des médecins béninois aussi bien généralistes que spécialistes,
– octroi régulièrement et en plus grand nombre les bourses de spécialisation,
– baisse du coût de la spécialisation,
– équipement des hôpitaux et autres centres de santé publics,
– réorganisation du système de santé : nous ne pouvons plus continuer à fonctionner de la même
façon sans tenir compte de l’évolution du monde, de nos environnements social et professionnel,
– revalorisation du budget public de la santé,
– faire voter une loi pour interdire aux médias la promotion et la vente de produits traditionnels n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité,
– faire le lobbying pour faire l’accord d’un statut particulier aux médecins béninois,
– œuvrer pour l’accélération du processus d’obtention des équivalences de diplôme de médecine,
– rencontrer fréquemment le Président de la République et les autorités ministérielles afin de leur faire part de nos propositions et des éventuelles difficultés rencontrées dans l’exercice de notre profession.

 

Chers collègues, accordez moi votre confiance ce 2 Juin et nous pourrons bâtir ensemble un ordre qui nous ressemble, qui nous rassemble!

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