Les filles et les femmes n’ont souvent aucune idée des violences qu’elles subissent

Par arayaa
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Il est de notoriété publique que la COVID-19 a exacerbé la fréquence des Violences Basées sur le Genre dans le monde, en Afrique et au Bénin. Les femmes et les filles y sont plus exposées non seulement du fait du temps plus important qu’elles passent avec les auteurs mais également par le fait de cette présence qui les empêche de recourir à de l’aide.

La COVID-19 a exacerbé la fréquence des Violences Basées sur le Genre dans le monde, en Afrique et au Bénin. Cliquez pour tweeter

L’hôpital et la pharmacie sont des lieux privilégiés dans lesquels on rencontre les victimes de VBG, souvent flanquées de leurs auteurs pour contrôler la situation. Du fait de ma profession, j’ai déjà rencontré des centaines de femmes et filles victimes de violences conjugales. Typiquement, les unes sont emmenées en consultation parce qu’elles avaient perdu connaissance (toujours une simulation), les autres parce qu’elles avaient une blessure qui saignait.

L'hôpital et la pharmacie sont des lieux privilégiés dans lesquels on rencontre les victimes de VBG, souvent flanquées de leurs auteurs pour contrôler la situation. Cliquez pour tweeter

Au début, j’étais chaque fois révolté leur suggérant avec force de porter plainte contre leurs bourreaux pendant que je leur tendais le certificat pour coups et blessures volontaires. Mais les réponses étaient presque toujours les mêmes : ‘’Docteur, laissez seulement. Faites-moi hospitaliser et prescrivez des médicaments chers. Quand il aura beaucoup dépensé, il ne reprendra plus’’. Bien que je tente de discuter avec les auteurs pour les ramener à la raison, la récidive est toujours la règle.

‘’Docteur, laissez seulement. Faites-moi hospitaliser et prescrivez des médicaments chers. Quand il aura beaucoup dépensé, il ne reprendra plus’’

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 En réfléchissant au phénomène, je suis arrivé à deux conclusions

  1. Les femmes et filles qui subissent ces violences sont souvent en situation de faiblesse ; faiblesse induite soit par la société (entourage, famille qui encouragent à supporter sans rien dire, à laver le linge sale en famille) soit par leur dépendance économique vis-à-vis du mari soit encore parce qu’elles ne veulent pas exposer leurs enfants à une vulnérabilité économique ou à leur développement dans un cadre où il y a les deux parents
  2. Découlant de la vulnérabilité économique, je me suis posé la question de savoir ce que deviendrait la femme et ses enfants si le conjoint auteur des violences était réprimé et se retrouvait en difficulté financière ou en limitation de ses libertés. 

Je me suis finalement résigné à gérer à mon niveau ces situations comme je le pouvais, sans plus encourager les victimes à recourir à de l’aide institutionnelle. Jusque ce que récemment je découvre que l’aide institutionnelle n’est pas que répressive. En effet, les Centres de Promotion Sociale (CPS) et les Centres Intégrés de Prise en Charge des Victimes de Violences Basées sur le Genre (CIPEC) disposent de stratégies qui permettent de faire de la médiation pour le couple afin de trouver des solutions plus douces et plus durables.

Et cette information, c’est une libération pour moi. Parce que oui maintenant je peux encore encourager les femmes à avoir recours à de l’aide auprès de ces institutions et être sûr que cette aide ne fera pas plus de mal à la femme.

Il y a un autre aspect qui me déconcerte, c’est que les victimes des violences ne sont pas toujours conscientes qu’elles sont violentées, à moins d’être victimes de coups. Je voudrais donc clarifier cela ici. La violence n’est pas que physique, elle est souvent psychologique, économique et même sexuelle.

Violences physiques : être bousculé, frappé, giflé, poussé, mordu, brûlé… ;

Violences verbales : cris, injures, insultes, menaces… ;

Violences psychologiques : être humilié, insulté, ignoré, dévalorisé, intimidé, contrôlé,… ;

Violences sexuelles : agression sexuelle, viol, harcèlement sexuel ;

Violences économiques : contrôle des dépenses, des moyens de paiement, suppression de toute indépendance économique en lui prenant son argent ou en l’empêchant de travailler…

Pour finir, le cycle de la violence crée un facteur trompeur qui freine les victimes dans la recherche de l’aide. Je vous laisse en bas voir cela ci-dessous:

Cycle de la violence

Nos mères, nos sœurs, nos voisines, nos cousines, nos filles sont chaque jour victimes de violences. Nous sommes complices si nous les laissons souffrir en silence. Les dispositifs pour mieux les soutenir sont disponibles et notre rôle et de les connecter à ces dispositifs !

Houéfa vous connecte à l’aide dont vous avez besoin!

Appelez seulement le +229 67904046

Maryline Middah

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