Les violences domestiques et le covid-19

Par arayaa
4 commentaires

Les violences domestiques restent un sujet tabou dans notre société. Aujourd’hui plus personne n’osera dire le contraire. Les violences faites aux femmes constituent un problème crucial de
développement qui affecte la femme jusque dans sa dignité. Alors une interrogation se dégage : quelles sont les réelles sources de ces violences ? En cette période de la pandémie du covid-19 quels mécanismes ont été mis en place pour corriger ce problème ?


Des sources violences domestiques
Les violences domestiques tiennent leur source de la pesanteur socio-culturelle, religieuse, des idées préconçues et transmises de génération en génération selon lesquelles la femme doit soumission totale à son homme. Beaucoup pensent encore que la femme doit être et restée soumise. La soumission de la femme ne veut pas dire qu’il faut lui ôter toute humanité et l’empêcher de jouir de ses droits et facultés, mais sa capacité à reconnaitre à son homme sa juste valeur et sa place de conjoint afin de donner le bon exemple à ses enfants. L’autre source des violences domestiques tient de l’orgueil de l’homme à se croire constamment supérieur à la femme. Il impose son véto et croit jouer son rôle de chef de famille. Les femmes supportent le plus gros fardeau, de prendre soins de leur famille.

Au cours de cette pandémie du covid-19, bon nombre de femmes se sont vues refusées le droit d’aller s’occuper de leurs commerces sous prétexte de ramener la maladie à la maison. Alors que seule cette activité leur permet de s’en sortir. Conséquence directe : elles n’arrivent pas à satisfaire les besoins de la famille. Et sont exposées aux incidents de violences sexuelles. Au Bénin l’étude commanditée par le Ministère de la
Famille des Affaires Sociales, de la Solidarité Nationale, des Handicapés et des Personnes de Troisième Age sur les violences faites aux femmes au plan national a révélé que : sur environ 52% de la population que constituent les femmes, 69% ont déclaré avoir subi des violences au moins une fois dans leur vie. Plus de la moitié des femmes interrogées (51,5%) ont subi au moins une fois dans leur vie des souffrances physiques ou morales: les souffrances subies sont les cris sur la femme (72,8%) ; les menaces de divorce (32,8%) ; le refus de manger ce que la femme a préparé (30,9%) ; les plaintes du comportement de la femme à la belle-mère (26,9%) ; les injures à la femme devant les étrangers (22,6%) ; les violences sexuelles (28,5%) ; le viol de filles de 2-14 ans (1,4%) ; le rapt (8,5%) et l’excision (15,0%).


Il est à noter que ces types violences sont aussi régulières tant au Sénégal qu’au Togo.


Face à cette augmentation des violences domestiques, l’indifférence des auteurs de ces actes, des mécanismes ont été mis en place par nos différents pouvoirs exécutifs.

Mécanismes de protection
Au Bénin, en plus des centres de promotion sociale, des diverses organisations luttant pour le respect des droits de la femme, le Gouvernement a promulgué la Loi n° 2011-26 du 09 janvier 2012, portant prévention et répression des violences faites aux femmes ; loi n°2006-19 du 05 septembre 2006 portant répression du harcèlement sexuel et protection des victimes en république du Bénin ; Loi sur équité et égalité entre homme et femme ; Loi portant statut de la femme au Bénin. Cette loi constitue un mécanisme à la fois de combat et de développement de la femme, une avancée notable dans la protection juridique de la femme béninoise et une meilleure valorisation du principe de l’égalité des sexes.

Par ailleurs le programme d’alphabétisation Araya à travers son centre Houefa, centre d’écoute et de soutien destiné à soulager les victimes domestiques met gratuitement ses services à la disposition des victimes de violences domestiques ; outre cela il vous met en relation selon le cas et les besoins avec les institutions habilité en la matière. Avec le covid-19, les mesures liées au confinement plusieurs victimes sont confinées avec leur bourreau, mais ne détiennent pas l’information nécessaire pour chercher de l’aide alors elles ont la possibilité désormais de se faire écouter et assister avec le centre Houefa.

Au Sénégal, le gouvernement a promulgué une loi (loi du 24 janvier 1999 modifiant le code pénal) qui sanctionne sévèrement toutes violences faites aux femmes dans les foyers et dans la société. Ajouté à cela il y a le réseau WILDAF Sénégal qui travaille en ce sens. En plus le programme d’alphabétisation Araya à travers son centre Houefa, centre d’écoute et de soutien destiné à soulager les victimes domestiques met gratuitement ses services à la disposition des victimes de violences domestiques.

En ce qui concerne le Togo, l’association GF2D grâce ses sensibilisations systématiques sur le terrain a permis la vulgarisation et l’accessibilité des textes juridiques portant sur le droit de l’homme et ceux sur spécifiques à la femme, le réseau WILDAF Togo œuvre pour la promotion des droits de la femme et mène des campagnes contre les violences basées sur le genre. Le Togo dans son code pénal en son chapitre IV intitulé Des atteintes à l’intégrité physique de la personne à la section 4 : des violences, paragraphe 2 : des violences faites aux femmes « articles 232 -233-234-235-236-237 » protègent la femme et par ailleurs en ces articles : 311 et suivants protège la femme de toute discrimination. Et grâce au programme Arayaa avec son centre Houéfa les victimes domestiques ont la possibilité d’être écoutées, de bénéficier gratuitement des services mis à la disposition des victimes de violences domestiques


À la lecture de tous ces éléments, il est fortement recommandé à toute personne victime ou témoin de violences domestiques de recourir systématiquement au centre d’aide Houéfa pour sauver ou être sauvée.
Outre les violences domestiques, il est à noter que pendant cette pandémie du covid-19 les femmes subissent des discriminations en ce qui concerne les cercles de réflexions et de sensibilisations sur la pandémie, mais aussi sur les l’empiètement des restrictions à l’accès des femmes aux ressources, ainsi qu’à leur représentation et leur participation à la prise de décision officielle. Un problème auquel nous sommes tous appelés à trouver une solution adéquate.


Par Régis ABALLO

You may also like

4 commentaires

Frejus août 31, 2020 - 8:44

Super

Oscar août 31, 2020 - 10:06

Très éducatif et moralisateur

Murielle septembre 2, 2020 - 9:53

Très édifiant.

David Akoété septembre 4, 2020 - 10:47

Une étude à apprécier

Comments are closed.

Discutons-en
De quoi avez vous besoin ?
Vous avez un problème de santé?